L’histoire du SMIC ...

, par UdFo83

Le salaire minimum a été créé en 1950. Voici l’évolution de son montant, depuis sa naissance et les grandes étapes de sa passionnante histoire.

Aujourd’hui, plus de 2,5 millions de travailleurs en France sont payés au SMIC. 1950 : la naissance du SMIG, l’ancêtre du SMIC actuel Au sortir de la guerre, c’est la loi du 11 février 1950 qui crée le SMIG, l’ancêtre du SMIC actuel. Ce Salaire Minimum Interprofessionnel Garantie vient mettre fin à douze années de blocage des salaires. Nous sommes à l’époque de la quatrième république et la mesure est loin de faire l’unanimité. Toute la gauche (SFIO et PCF) s’oppose à ce projet soutenu par le gouvernement Bidault, issu de la Troisième Force (MRP et radicaux). L’objectif de ce SMIG est d’offrir aux employeurs la liberté de fixer les salaires tout en instaurant un garde fou qu’est ce salaire minimum dû à tout salarié. Le salaire plancher est alors fixé par décret en conseil des ministres. Il est calculé d’après un budget type, nécessaire à toute personne célibataire salariée vivant en région parisienne : le fameux panier de la ménagère. 1952 : le salaire minimum est indexé sur l’inflation Le déclenchement de la guerre de Corée, en 1950 provoque une augmentation brutale du prix des matières premières. Les prix à la consommation qui vont faire un bond de 16% en quelques mois. A la demande des syndicats, le gouvernement Pleven (successeur de Bidault) accepte l’idée d’adopter une « échelle mobile des salaires » qui indexe le SMIG sur la hausse des prix. Le SMIG va désormais être ajusté chaque fois que l’évolution des prix dépasse 5 %, à condition toutefois d’attendre au moins quatre mois entre deux réévaluations ! Le taux est ramené à 2 % en 1957, afin d’atténuer l’effet inflationniste provoqué par les hausses du SMIG. 1970 : le SMIC avec un C remplace le SMIG avec un G Plus qu’un simple changement de lettre, l’abandon du SMIG au profit du SMIC est un changement de conception. Le G pour « garantie » se transforme en C comme « croissance ». En clair, le SMIG avait été créé pour permettre aux salariés de disposer d’un minimum vital. Désormais, le SMIC a pour ambition d’aider le salaire minimum à rattraper son retard sur le salaire moyen des Français qui est alors beaucoup plus élevé. Bref, de rapprocher le SMIC du salaire moyen. Le nouveau SMIC créé par Jacques Chaban-Delmas, alors Premier ministre, est doté d’un nouveau mode de calcul pour sa réévaluation. En plus de l’inflation, la hausse du salaire moyen est également prise en compte . La conséquence est une formidable hausse du SMIC dont le montant va croître fortement en quelques années. 1982 : la rigueur atteint le SMIC Un tournant historique est opéré par François Mitterrand et le gouvernement Mauroy en 1982, qui décide de casser la forte inflation française (supérieure à 13 % en 1980 et 1981) en imposant un blocage des salaires et des prix pendant plusieurs mois. La hausse des salaires n’est plus indexée sur les prix mais sur un taux d’inflation prévu par le gouvernement. Puis, jusqu’en 1990, le SMIC connaît une très faible croissance, entraînant un fort ralentissement du pouvoir d’achat des salariés payés au salaire minimum. Ce n’est qu’à partir du début des années 1990 que la politique d’allégements de charges accordés par le gouvernement pour l’emploi des salariés payés au SMIC va permettre de redonner un coup de pouce au SMIC, absorbant la hausse pour les employeurs. Les premiers allègements de « charges » (cotisations patronales) vont déstructurer fortement l’alimentation financière de notre sécurité sociale. Nous en sommes aujourd’hui à plus de 320 milliards d’euros d’exonération de cotisation ! Soit plus que le budget de l’éducation nationale ! 1998-2005 : les multiples effets des 35 heures L’instauration de la réduction du temps de travail par les lois Aubry perturbent le mécanisme du SMIC. C’est le principe des 35 heures payées 39 pour tous les salariés, y compris ceux payés au SMIC (sauf pour les PME de moins de vingt salariés). Ce qui entraîne une hausse de 11 % du montant du SMIC, impossible à réaliser en une seule fois. De plus, les entreprises ne sont pas tenues de passer aux 35 heures en même temps. Bref, le gouvernement imagine un système qui conduit à la création d’un nouveau SMIC chaque 1er juillet jusqu’en 2002. On se retrouve in fine avec cinq SMIC différents en plus du SMIC officiel qui existait avant les lois Aubry. Tous les salariés payés au SMIC ne touchent donc pas le même salaire . En 2002, la loi Fillon établit les modalités d’un retour progressif à un SMIC unique avec un programme de rattrapage du dernier SMIC. Les différents SMIC vont donc bénéficier de fortes hausses pendant trois ans, mais à des taux différents. Ainsi, tous les SMIC ont rejoint un montant commun le 1er juillet 2005, à 8,03 euros pour le SMIC horaire. 2006-2007 : la fin des coups de pouce ? Après un petit coup de pouce du gouvernement encore accordé au SMIC en 2006, la hausse du SMIC au 1er juillet 2007 est limitée au minimum légal selon le mode de calcul adopté en 1970 (calcul sur la base de l’augmentation des prix de mai à mai et de la moitié de la progression annuelle du pouvoir d’achat du salaire horaire brut ouvrier de mars à mars). Point de coup de pouce donc. Le Premier ministre François Fillon veut mettre fin au pouvoir discrétionnaire du gouvernement concernant la hausse du SMIC. Souhaitant réformer la loi de 1970, il plaide pour que ce soient les partenaires sociaux, qui décident d’un éventuel coup de pouce au salaire minimum.